Transcription de l'article de “La Seudre” du 04/03/1906
(Note préalable : cette transcription respecte autant que possible le texte original, y compris ses éventuelles particularités orthographiques, grammaticales, etc.)
BREUILLET. — Dans la commune de Breuillet, qui compte à peine soixante hommes catholiques, l'inventaire a eu lieu samedi dernier, dans des conditions qui montrèrent en même temps et la férocité de ceux qui sont chargés de l'application de la loi et la foi vivace qui subsiste encore au fond des cœurs de notre vaillante population.
L'inventaire était fixé pour onze heures et dès huit heures et demie, l'église, où quelques femmes étaient venues assister à la messe, était cernée par une quinzaine de gendarmes des brigades de Royan, Saujon, Cozes, La Tremblade.
La brigade de Marennes, convoquée aussi, n'avait pu traverser la Seudre, échappant ainsi au triste rôle qu'on voulait lui faire jouer.
Les jeunes filles présentes s'élancent à la porte qu'elles essayent de fermer, mais sont repoussées par les gendarmes ; alors, avec une énergie au-dessus de tout éloge, elles se mettent à sonner le tocsin. De toutes parts, les catholiques arrivent mais ne peuvent parvenir jusqu'à l'église, les routes y aboutissant étant barrées illégalement, puisque l'arrêté du maire prescrivait d'interrompre la circulation à partir de dix heures seulement.
MM. de Verthamon arrivent sur ces entrefaites et, suivis d'une foule nombreuse, parviennent près de l'église, dont les portes sont gardées par des gendarmes qui ne laissent ni entrer ni sortir. Des groupes nombreux se forment et les gendarmes, ne pouvant contenir les paroissiens qui passent à travers champs, se replient sur l'église.
À dix heures et demie, un lieutenant de gendarmerie, accompagné du commissaire de police de Royan, arrivent bientôt suivis du sous-préfet, M. Vacquier ; de l'employé des domaines et d'un comparse.
Puis fermant la marche, le maire qui aurait certainement préféré être ailleurs, car il est des besognes qui répugnent aux honnêtes gens, quelle que soit leur religion.
Après une énergique protestation lue par M. le curé, entouré de M. de Verthamon, président, et des autres membres du conseil de fabrique, l'employé des domaines pénètre dans l'église et procède à l'inventaire accompagné de deux témoins ; le garde-champêtre, plus mort que vif, et un conseiller municipal, M. Girard, qui, tout à l'heure, aura la… faiblesse de signer l'inventaire.
Les fidèles massés à l'extérieur chantent des cantiques.
Leur mission terminée, le sous-préfet et ses tristes acolytes gagnent la mairie suivis de la foule des catholiques qui continuent à chanter et se massent devant la mairie. Le procès-verbal de l'inventaire terminé et les gendarmes regagnant leurs cantonnements, les catholiques vont à l'église où est donnée la bénédiction du Saint Sacrement.
Cette énergique protestation fait honneur aux catholiques de Breuillet, qui ont ainsi affirmé une fois de plus et leur courage et leurs convictions.
L'anecdote suivante mérite d'être signalée :
Comme une dame de la commune faisait remarquer à un gendarme combien sa femme et ses enfants devaient être attristés qu'on l'employât à pareille besogne, des larmes jaillirent des yeux de ce brave homme.
L'inventaire était fixé pour onze heures et dès huit heures et demie, l'église, où quelques femmes étaient venues assister à la messe, était cernée par une quinzaine de gendarmes des brigades de Royan, Saujon, Cozes, La Tremblade.
La brigade de Marennes, convoquée aussi, n'avait pu traverser la Seudre, échappant ainsi au triste rôle qu'on voulait lui faire jouer.
Les jeunes filles présentes s'élancent à la porte qu'elles essayent de fermer, mais sont repoussées par les gendarmes ; alors, avec une énergie au-dessus de tout éloge, elles se mettent à sonner le tocsin. De toutes parts, les catholiques arrivent mais ne peuvent parvenir jusqu'à l'église, les routes y aboutissant étant barrées illégalement, puisque l'arrêté du maire prescrivait d'interrompre la circulation à partir de dix heures seulement.
MM. de Verthamon arrivent sur ces entrefaites et, suivis d'une foule nombreuse, parviennent près de l'église, dont les portes sont gardées par des gendarmes qui ne laissent ni entrer ni sortir. Des groupes nombreux se forment et les gendarmes, ne pouvant contenir les paroissiens qui passent à travers champs, se replient sur l'église.
À dix heures et demie, un lieutenant de gendarmerie, accompagné du commissaire de police de Royan, arrivent bientôt suivis du sous-préfet, M. Vacquier ; de l'employé des domaines et d'un comparse.
Puis fermant la marche, le maire qui aurait certainement préféré être ailleurs, car il est des besognes qui répugnent aux honnêtes gens, quelle que soit leur religion.
Après une énergique protestation lue par M. le curé, entouré de M. de Verthamon, président, et des autres membres du conseil de fabrique, l'employé des domaines pénètre dans l'église et procède à l'inventaire accompagné de deux témoins ; le garde-champêtre, plus mort que vif, et un conseiller municipal, M. Girard, qui, tout à l'heure, aura la… faiblesse de signer l'inventaire.
Les fidèles massés à l'extérieur chantent des cantiques.
Leur mission terminée, le sous-préfet et ses tristes acolytes gagnent la mairie suivis de la foule des catholiques qui continuent à chanter et se massent devant la mairie. Le procès-verbal de l'inventaire terminé et les gendarmes regagnant leurs cantonnements, les catholiques vont à l'église où est donnée la bénédiction du Saint Sacrement.
Cette énergique protestation fait honneur aux catholiques de Breuillet, qui ont ainsi affirmé une fois de plus et leur courage et leurs convictions.
L'anecdote suivante mérite d'être signalée :
Comme une dame de la commune faisait remarquer à un gendarme combien sa femme et ses enfants devaient être attristés qu'on l'employât à pareille besogne, des larmes jaillirent des yeux de ce brave homme.
